TOIXNOS (MUR-EMPREINTE)

athènes, 2023

Crédit photo : Stefania Orfanidou. Sculpture, Matériaux récupérés dans le centre d’Athènes, 160 * 200 * 20 cm
Vue de l’exposition collective STIMONI, Misc, Athènes

Ici le squelette correspond à un nid, dans l’espace le plus intérieur et voulu sûr, de la maison, dans un abri – à un Talisman. Mais ce squelette nous rappelle aussi le déplacement invisible d’une génération, la gentrification violente du quartier. L’activité artistique du Collectif MASI explore assidûment le bâti et l’habité en interaction avec l’espace
public. C’est un art de terrain, une empreinte tangible collective.

STEFANIA ORFANIDOU
Commissaire d’exposition

Crédit photo : Stefania Orfanidou. Sculpture, Matériaux récupérés dans le centre d’Athènes, 160 * 200 * 20 cm
Vue de l’exposition « Stimoni », MISC Gallery, Athènes

« Quelles traces laisse un mur ? En sus des parties élémentaires, le corps d’une ville. L’ombre, l’étreinte ; qui ont été retrouvées dans ses morceaux et traces – qui compilent la totalité d’un mur, d’une maison, d’un lieu. 

Qu’est-ce que le corps physique d’une ville si ce n’est les briques, le ciment et toutes les substances que l’on trouve dans l’architecture-infrastructure moderne. Les blocs de construction d’un abri qui peut étreindre plusieurs vies. Comme un vaisseau. Une entité spatiale destinée à laisser un espace intérieur prédestiné pour exister, pour tout ce qui vient remplir son ventre récepteur. Comme une mère enceinte, comme elle nourrit ses enfants à l’intérieur de son ventre invisible et éternel, dans la maison qu’elle a elle-même construite, avant, pendant et après la grossesse. Comme cela, une ville, un vaisseau de vaisseaux, une mère à/pour/de murs en relation. Toutes les parties qui la définissent ; des outils, des mécanismes, tels des organes et parties du corps sans lesquels la fonction de la somme totale échoue. 

Ici nous voyons un IRM de l’espace micro/macro cosmique de la ville. Une métaphore littérale de ce corps, dont les parties fonctionnelles, en tant qu’objets, nous sont si familières que nous passons, indifférents, à côté. 

Comme des objets définitivement inutiles, des déchets dans le corps toxique d’un paysage urbain. Peut-être nous sont-ils trop familiers car intégrés en nous. Tout comme le lit, son squelette, le vaisseau qui nous porte chaque nuit et nous permet de disparaître dans une autre dimension, dans un autre corps… dans son étreinte, à l’intérieur d’un bâtiment pour les plus chanceux… dans la demeure de la ville. 

Combien de fois avons-nous vu sur notre passage un lit, un tuyau, des pierres, des planches de bois ! Autant de clés, d’éléments de construction cruciaux d’une pièce, d’un mur, d’un bâtiment, d’une ville. Et pourtant, ils sont abordés comme des objets indésirables, des corps étrangers sur le trottoir. Ils constituent un tableau, une fenêtre à rayons X sur l’intérieur d’une ville, plus précisément sur les traces du squelette de celle-ci. Des morceaux de mosaïque, des bouts de métal divers, du verre, de la pierre, etc. »

Daphne Nitsou 2023 © Dawndeamon / Traduit en français par Simon Riedler