Réseau en fil confiné
Mi-février 2020, nous arrivons à Pouillenay, village de Côte d’Or pour notre résidence Création en cours, dispositif de recherche et création des Ateliers Médicis. Notre objectif initial est, outre la production de l’exposition sur les réseaux en fil latino-américains, la réalisation d’un réseau en fil dans un nouveau contexte : le village, avec une classe de CM1/CM2.
La pandémie de coronavirus et le confinement décrété le 17 mars ont reconfiguré notre relation avec les enfants.
Expérimenter le réseau en fil dans la chambre, dévoiler la face intime du dispositif
S’il est impossible dans l’espace public, pourquoi ne pas tester pour la première fois un réseau en fil dans l’espace privé ? Le dispositif s’est adapté à tant de contextes urbains différents nous sommes curieux d’étendre sa plasticité à un espace intérieur, petit et privé : une chambre.
Les Ateliers Médicis nous offrent un cadre via leur commande de «Tutos», de vidéos conviant les enfants confinés à un temps de création artistique. Pour transmettre cette envie de créer et faire voyager les enfants dans notre univers, nous décidons de commencer par la fabrication d’une bobine de fils (Vidéo #1) puis d’expérimenter les possibilités du réseau en fil dans la chambre avec des objets suspendus et un théâtre d’ombres (Vidéo #2).
#1 Fabrication de la bobine
#2 Le réseau en fil dans la chambre
En bonus, la scène du réseau en fil nous a inspiré une lecture animée du poème de Charles Baudelaire, L’invitation au voyage.
Texte original de Salomé, CM1
Nous aussi avions rêvé d’aller à l’école, seulement, le confinement est déclaré la veille de notre premier atelier avec les enfants. La rencontre est reportée, notre projet de réseau en fil dans la Grande rue du village est en suspens. Il aura lieu uniquement dans l’école en octobre 2020.
Ici à Pouillenay (21) comme ailleurs, le projet de réseau en fil travaille les liens sociaux dans l’espace public. Il cherche à les représenter, les questionner, les renforcer par la création collective d’un réseau de fils accrochés aux éléments existants (arbres, poteaux, fenêtres…) et aux bobines-sculptures que nous fabriquons.
Arrivés mi-février, nous avions pris nos marques notre phase de préparation était bien entamée. Le maire Monsieur Rigaud nous oriente chez le dernier agriculteur du village Monsieur Moreau, dans la Petite rue, lequel nous fournit en fil avec une bobine de 3km de ficelle bleue utilisée pour les bottes de foin. Avec 5 allers-retours dans deux déchèteries nous collectons les métaux et plastiques colorés, stock complété par les trouvailles des élèves de CM1-CM2 de Madame Moretti.
Mais la « distanciation sociale » interdit la création collective des bobines-sculptures, le confinement ajourne la tenue du projet dans la rue avec ses rencontres, un fil qui passe de main en main, la convivialité de la fête du démontage…
Préparer avec les enfants le futur réseau en fil dans le village
À la mi-mars nous envoyons un «exercice» aux enfants, les invitant à fabriquer l’extrémité d’une bobine et à raconter l’histoire des matériaux employés. Le texte de Salomé ci-dessus est l’une de nos deux réponses. Voici une photo de l’autre, de la part de Loane.

L’idée est qu’à la fin du confinement nous unissions les extrémités fabriquées par les enfants pour créer les bobines du réseau en fil dans le village.
Puis début avril nous proposons un second «exercice» aux enfants. Un dessin de ce qu’ils voient ou imaginent par leur fenêtre. Le dessin est traversé par un fil rouge de sorte qu’il puisse être uni aux autres.
Salomé nous envoie son dessin, elle utilise un vrai fil ! Nous recevons aussi d’autres dessins de nos voisines, Gil, Charlie et Louisa.
Enfilade de dessins