Maquettes par coeurs
Il s’agit de mettre en saillance certains points d’une intervention et de la représenter avec un souci de fidélité à nos souvenirs et à nos désirs. C’est une démarche autant symbolique qu’architecturale. Nous réaliserons 9 maquettes, une pour chaque intervention.
Le visiteur pourra manipuler chaque maquette et souligner certains événements.
A la ville de Guatemala le lien créé entre le Conservatoire de Musique et le parc sera symbolisé par un fil faisant sonner une boîte à musique quand on tire dessus depuis le parc ; à Bogota le site est porté par des soldats, marquant le poids de la paix…







Rio de Janeiro, 2020
Nous représentons donc les trois couches plage-tours-favela, avec la montagne et la forêt en arrière-plan.

Matériaux quasi exclusivement récupérés :
Tôle perforée, pièces métalliques (acier et aluminium), argile, fils, formica, couverture de survie, perles, jouets en plastique, bocal en verre, tissu, marteau de piano
Dimensions : 70 * 50 * 60 cm

En banlieue, ici dans un bocal, le condominium où nous logions, sécurisé et agencé pour que les habitants en sortent le moins possible.

A Rio de Janeiro la proximité entre la favela et des tours de luxe donnant sur la plage de Copacabana est frappante. C’est un étroit passage entre des tours qui permet de monter sur la colline de Babilônia. Arme en main, la police spéciale surveille les entrées-sorties.

Sur la place de la favela, le réseau en fil a été densément et collectivement déroulé autour de nos trois sculptures, finalement suspendues aux fils.
Notre désir de relier la favela et une tour pour qu’elles échangent est matérialisé par un fil rouge et un panier, que le visiteur peut faire aller de l’une à l’autre.

Nous utilisons les mêmes fils que lors de l’intervention, bleu pour la mer (avec d’autres fils d’autres réseaux en fil) et le réseau en fil, et blanc pour la manipulation : la maquette permet au visiteur de soulever les sculptures en tirant sur le fil blanc des deux côtés.

Valparaiso, 2020
A Valparaiso, l’extrême pauvreté frappe la place Echaurren et ses habitants, dans un quartier du port au riche passé aujourd’hui stigmatisé.

Matériaux quasi exclusivement récupérés :
Tôle perforée, polystyrène, papier, pièces métalliques (acier et aluminium), argile, fils utilisés à Valparaiso, filet de pêche de Valparaiso, disques de meulage, formica, perles, moulinet, jouets en plastique, tissu
110 * 64 * 48 cm
La maquette va du port à la montagne aux maisons colorées. Les bâtiments ont deux côtés, l’un jadis fastueux et l’autre marqué par les tremblements de terre et incendies. Les visiteurs pourront les faire pivoter d’un côté à l’autre et observer les modifications de l’atmosphère qu’ils impliquent.

Tous les habitants sont unis à la place par leur corps sculpté dans le même matériau, et par la marque commune du stigmate : un carré de filet de pêche. Les anciens marins sont nombreux à la rue et alcooliques, ils attendent. Le tramway passe, ils n’y montent pas. Ils contemplent le théâtre de la ville.


Un homme, Jorge, a construit sa cabane derrière la place au flanc de la montagne à partir de bois, tissus et plastiques récupérés.

Jorge nous y invite et la chaude lumière qui se dégage de l’homme et de son intérieur nous éblouit.

La maquette part de notre suspension des sphères-bobines fabriquées avec des matériaux du port et de l’université suspendues enroulant les fils de pêche utilisés sur la place. Elle transforme la fontaine. En réalité grise et privée d’eau, nous la créons colorée avec des jets d’eau et des matériaux de l’univers aquatique. La sphère-oeuf où il était possible de rentrer pour modifier sa perception de la place est placée en hauteur.

L’immeuble oblique a été frappé de tremblements de terre et abandonné, seule une femme y vit tant bien que mal et nous a fait visiter pour un entretien sur l’histoire du quartier.

Le moulinet rouge et jaune permet au visiteur de jouer à hisser une sphère à un palmier avec le fil rouge de l’imaginaire.

Bogota, 2020

Matériaux quasi exclusivement récupérés :
Tôle perforée, pièces métalliques (acier et aluminium), plexiglas, argile, cuir, formica, fils, câbles électriques, tubes et jouets en plastique, bocal en verre, bois, tissu, papier, perles
152 * 24 * 70 cm
A Bogota nous renversons la perspective en réalisant le réseau en fil dans le centre-ville aisé où nous invitons des acteurs de la périphérie, en particulier du quartier San Cristobal del Norte aux nombreux graffitis sur le thème du soleil et de la lune.

Le Parkway est un parc tout en longueur au milieu d’une avenue, il est prisé pour ses restaurants, théâtres dont on peut voir les enseignes…

Nous plaçons schématiquement le quartier populaire de San Cristobal del Norte à une extrémité, tandis qu’à l’autre se trouve dans un bocal le collège FACE avec une population très favorisée et éloignée du centre-ville où nous avons donné une conférence et où les enfants ont créé un réseau en fil.

Au Parkway, la guerre n’agit pas à la surface mais en contre-bas. Les militaires sont sous la maquette, le poids de la paix les écrase. Signés un peu plus de deux ans avant le réseau en fil, les accords de paix ont désarmé les guerilleros. Leurs armes ont été fondues par l’artiste Doris Salcedo en des dalles au sol d’un anti-monument «Fragmentos», où nous envisagions le réseau en fil. Nous reprenons l’idée du piétinement, de l’écrasement des soldats par les passants.


Une deuxième option pour l’intervention était une marche étudiante, d’où une sculpture qui roule telle un char qui serait poussé par les étudiants, une «arme de paix».

L’autre sculpture, «l’oiseau qui se libère de sa cage» a été volée la première nuit, envolée nous la plaçons au-dessus de la maquette en tension entre des pôles filaires vers le haut et vers le bas.

Avant l’envolée, Michi passa et dansa spontanément avec elle, puis le dernier jour avec l’arme de paix, accompagné d’une violoncelliste. C’est lui que le visiteur peut manipuler, via une baguette transperçant les bâtiments.

Articulé, Michi change de position, danse en se confrontant aux éléments existants : sculpture, fils, participants à la fête de démontage, arbres…


Cette zone est zoomée avec arbres et bâtiments plus grands.

Le réseau en fil s’y est concentré avec des initiatives comme l’accrochage de messages, nombreux sur le thème de la paix. Ils forment un nuage d’expression libre.

São paulo, 2021
Le réseau en fil se déroule dans les escaliers de l’ex-favela Brasilândia, à la limite entre la métropole de Sao Paulo et la forêt tropicale. La maquette montre un face à face entre l’ex-favela aux maisons bigarrées auto-construites et le centre-ville aux hautes et uniformes tours. Le réseau en fil se déroule dans les escaliers de l’ex-favela Brasilândia, à la limite entre la métropole de Sao Paulo et la forêt tropicale. La maquette montre un face à face entre l’ex-favela aux maisons bigarrées auto-construites et le centre-ville aux hautes et uniformes tours.
L’école d’en haut des escaliers nous accueille et nous menons des sorties dans les escaliers avec les élèves. Les habitants de Brasilândia, en particulier les enfants, nous ont frappé par leur intelligence spatiale. Ils dénichaient toujours un point d’accrochage pour le fil de sorte à obtenir la trajectoire souhaitée. Les voisins participaient pour faire passer le fil en haut de leur mur.
Matériaux exclusivement récupérés : tissu, polystyrène, métaux, plastiques, fornica
Dimensions : 96*30*110 cm


Un samedi après-midi aux pieds de l’ex-favela, les enfants jouent avec un parachute sous la supervision de son propriétaire, un capitaine de l’armée de l’air. Fidèles à nos désirs, nous l’imaginons comme un ballon flottant au dessus des escaliers.


Les fils du dense réseau en fil créé sont entre-mêlés aux ressorts des escaliers. Cela exprime le fait qu’à notre départ les habitants ont choisi de garder les sculptures et le réseau en fil des escaliers. Les élèves de l’école avec laquelle nous travaillons l’ont orné de CD signés exprimant un sentiment, de divers objets récupérés.

Les escaliers sont représentés par des ressorts qui marquent d’une part l’état de perpétuelle construction des habitations et d’autre part les allers-retours effectués en courant par les enfants de haut en bas des escaliers. Les sculptures-bobines ponctuent le parcours dans les escaliers, ci-dessous de haut en bas : la sculpture-bobine acrobate, vue comme une moto par certains enfants ; l’arc d’amour ; le taureau utilisé comme balançoire par les enfants.



Les habitants du centre-ville portent soit un sac soit une cravate. Lors de la fête du dernier jour, une dizaine d’étudiants internationaux du centre-ville viennent à l’ex-favela et remettent en question leurs préjugés sur un tel lieu.
