Collectif masi
Madlen Anipsitaki et Simon Riedler ont co-fondé le Collectif MASI en 2018. MASI pratique la sculpture sociale dans l’espace public et son travail d’archive à l’atelier.
Le projet “Un réseau en fil dans le tissu urbain” a été présenté en Amérique centrale et du Sud (2018-19), à l’Espace Voltaire, la Cité internationale des arts (Paris, 2020), Steinzeit Gallery (Berlin, 2022), Evia Film Project (2022). MASI expérimente les liens entre l’espace privé et l’espace public, aux Ateliers Médicis et à la Nuit Blanche (Paris, 2021). Le projet “1 km à vol d’oiseau », avec les étudiants de l’École d’architecture Paris-Malaquais, a été reconnu comme un “magnifique acte de résistance à la pandémie” par Francis Alÿs.
MASI est lauréat du prix SNF ARTWORKS (2020) et collabore avec Victoria Square Project, Greenpeace, MISC, Potential Project, Eleonas 2023, Orange rouge.
A Eleusis (Grèce) Capitale européenne de la culture 2023, le duo développe le projet “Perséphone, le tapis rouge”, poursuivi au 67e Salon de Montrouge, à la Villa Belleville et Nuit Blanche (Paris, 2024), et à Kyoto (2025).
Pour plus d’informations, voir nos CV : CV_MASI
madlen anipsitaki
Née en 1987 à Athènes, Madlen Anipsitaki est architecte et scénographe urbaine, portée sur l’expérimentation des liens entre espaces public et privés. Elle est diplômée de l’École d’architecture Paris-Malaquais en 2015, puis travaille avec Julien Beller (6B), chez Frénak & Jullien, Jfa et Arep.
Dans son diplôme «Le passage parisien au XXIème siècle : Passage en réseau à travers un îlot», elle nourrit l’utopie d’un passage traversant les appartements suscitant des rencontres entre habitants et passants. Ce passage en réseau est un manifeste pour les relations humaines face au constat que l’on peut échanger avec des personnes à l’autre bout du monde sans connaître notre voisin.
Simon RIedler
Né en 1991 à Paris, Simon Riedler est sociologue diplômé des Universités Paris-Dauphine (2012) et Paris-Diderot (2017). Son parcours est émaillé d’hospitalisations pour un trouble bipolaire qui lui arrime le stigmate au corps et l’art au coeur. Depuis ses études et ses expériences associatives en Île de France dans les bidonvilles (Romcivic, Les enfants du Canal) et les collèges (intervenant, Citoyenneté possible) ainsi qu’à la coordination d’un réseau national d’associations antiracistes (CNDH Romeurope), il interroge la capacité de la ville à intégrer des personnes d’horizons différents.
« Le collectif MASI choisit comme matière pour ses œuvres un espace donné et les potentialités offertes par celui-ci, notamment les relations qui peuvent exister et se nouer en son sein.”
Violette Morisseau, commissaire d’exposition
« Les gestes que vont proposer MASI sont simples — tirer un fil, faire couler un drapeau peint d’un balcon, marcher en procession avec des sculptures mobiles.
Ils permettent cependant de modifier un espace public tout en travaillant sur des préjugés, le racisme ordinaire, la frontière entre chez soi et chez l’autre ou les rencontres hasardeuses rendues possibles par la ville, et leur contention, parfois, par l’architecture et les politiques d’urbanisme. […]
Il s’agit également d’un art du recyclage – par nécessité –, de la mort de l’individualisme, d’un décalage par rapport à l’espace sacré de l’institution, du refus de certaines logiques de production, du choix d’une esthétique déconsidérée : toutes choses précieuses. »
Eva Barois de Caevel, commissaire d’exposition. Extrait du catalogue du 67e Salon de Montrouge
DÉMARCHE ARTISTIQUE
« J’ai tendu des cordes de clocher à clocher ;
des guirlandes de fenêtre à fenêtre ;
des chaînes d’or d’étoile à étoile,
et je danse. »
Arthur Rimbaud, Illuminations
Architecte et sociologue, nous nous attachons à lire le terrain, scénographes urbains et plasticiens nous cherchons à révéler le lieu. La rigidité et la saturation urbaines nous interpellent pour inventer un détournement de symboles et de matériaux qui peut amorcer un nouveau regard collectif autant sur un lieu que les uns envers les autres.
Par “sculpture sociale” nous entendons que la matière sculptée collectivement est le lien. Tant dans son objet que son processus de création, la sculpture sociale manifeste l’interdépendance entre les personnes et avec un lieu. In situ l’oeuvre de notre duo est tissée par un brassage de personnes, de récits et de matériaux récupérés dans différents mondes mis en lien.
Nous travaillons avec des matériaux dits pauvres mais dont la richesse symbolique, la puissance évocatrice nous attire : un fil, un tapis rouge, un sommier… divers matériaux utilisés, unis par ce trait. Ces matériaux de nos oeuvres parlent à un public large qui est invité à s’en emparer.
Dans l’espace public, nos sculptures mobiles et sonores appartiennent à toutes celleux qui les rencontrent. Les tensions et besoins du lieu et de ses protagonistes s’expriment de façon spontanée. Trempant leur plume dans notre encrier multicolore, iels tissent une nouvelle page de leur histoire commune et de notre recherche. Nous écoutons et récoltons les fruits de notre provocation, ce qui amorce un nouveau pan : le travail d’archive.
L’intensité du vécu d’une intervention éphémère nous mobilise pour en dégager ensuite de nouvelles formes visuelles entraînant le spect-acteur dans la danse urbaine suscitée. Conservant des fragments de différents ordres (matériaux, objets, photographies, vidéos…), nous créons un archivage interdisciplinaire qui multiplie les angles de vue sur un projet. Face à ces témoins, tout est repensé : ce qui a été, ce qui n’a pas pu être, mais aussi ce qui aurait pu être. En émergent notamment nos œuvres en cours de création, « Scénarios imaginaires » combinant des éléments de diverses interventions et « Maquettes par coeurs » fidèles à nos souvenirs et désirs pour chaque site.
« L’activité artistique du Collectif MASI explore assidûment le bâti et l’habité en interaction avec l’espace public. C’est un art de terrain, une empreinte tangible collective. »
Stefania Orfanidou, Commissaire d’exposition