bam! reanimer reanim’ART
A Rosporden (29), l’association Réanim’art porte un objectif d’éducation populaire dans une commune où l’offre culturelle est limitée. Sa collection présente tableaux et sculptures d’Art brut. Malgré des expositions temporaires récurrentes, Réanim’art cherche encore son public.
En juillet 2021, Réanim’art nous accueille pour « Réanimer Réanim’art » en y créant une série de monstres, en partenariat avec le centre social Chemins de faire et les centres de loisirs de Rosporden et Kernével. Il y a eu une quarantaine de participants de 4 à 80 ans. Le thème du monstre a été choisi pour permettre l’expression de l’ « imaginaire débridé » (Cérès Franco, grande galeriste d’Art brut), inspiré par la collection.
Premier temps : Visite guidée par Alain Guyomard, président de Réanim’art. M. Guyomard retrace devant chaque groupe son parcours d’amateur d’art. Il explique ses principes : « Un tableau s’achète avec les yeux, pas avec les oreilles », « Chacun a un regard et une faculté d’émotion, c’est ce qui compte dans l’art. ». « Au lycée, je ne savais pas dessiner. On n’a pas besoin de savoir dessiner pour aimer l’art ni pour être artiste » soutient-il dans la salle d’Art brut.
Deuxième temps : Dessins et combinaisons de monstres. Chaque participant imagine librement un monstre et le couche au pastel sur papier. Certains restent proches de la forme humaine, d’autres reproduisent un tableau, la majorité invente formes et histoires. Nous recueillons dessins et histoires dans un livre où les dessins sont séparés en deux parties afin de permettre des permutations de tête-corps. Cette technique d’assemblage de deux dessins, inspirée du cadavre exquis surréaliste, permet d’amorcer le caractère collectif de l’atelier tout en faisant jaillir des formes originales.
Troisième temps : Sculpture des monstres. Les quatre combinaisons choisies sont créées en groupe où chacun touche à chaque étape. D’abord, la forme est donnée par du grillage métallique semi-rigide (dit « grillage à poules »), qui est ensuite recouvert de tissu trempé dans du plâtre. Sec, le plâtre rigidifie le tissu, qui est alors peint.
La forme du monstre était trop humaine : permutons les parties pour trouver un autre assemblage de membres :
Focus sur la peinture réalisée en groupe :
Quatrième temps : Procession et exposition dans la ville. Le 22 juillet, les trois groupes sont réunis en musique pour déplacer les monstres, séparés en morceaux, jusqu’à leur espace d’exposition dans la ville : dans le hall de la bibliothèque et du centre culturel, devant le centre social Chemins de faire, devant le centre de loisirs, dans les Jardins partagés.
D’abord, les monstres sont sortis devant Réanim’art :
Puis, dans la rue :
Enfin, l’heure de la procession a sonné.








































