Nous prévoyons trois phases d’une semaine chacune : préparation – expérimentation – restitution.
Le programme suivant est prévisionnel et fera sans doute l’objet de modification sur le terrain. De plus, nous envisageons plusieurs réalisations pour améliorer le projet au fur et à mesure.
Les schémas ci dessus sont basés sur l’îlot où Madlen a élaboré son projet de passage en réseau. Il y a différentes sources, les points rouges, d’où partent les fils, les traits rouges. Le réseau se développe au fur et à mesure. Nous ferons d’abord l’analyse du site en cherchant où situer les points de source du réseau, les lieux où le fil pourra être déroulé.
1/ Préparation – 1ère semaine
Nous cherchons des intermédiaires dans des institutions comme des départements d’architecture et urbanisme, de sciences sociales, de beaux-arts, d’Universités et d’Ecoles sur place. Nous nouons contact à distance avec des étudiants, enseignants et chercheurs de ces disciplines que nous rencontrerons, ainsi qu’avec des acteurs de la société civile. (Pour plus d’informations : Liste des relais sur place recherchés)
Lors de la première semaine, nous organiserons un workshop avec ces relais sur place.
Les premiers objectifs à atteindre collectivement sont les suivants :
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Choix du matériau-fil pertinent suivant les indications de nos contacts locaux. Nous le prendrons en grande quantité (par exemple en sortie d’usine-sponsor) et l’assemblerons en grande pelotes ou rouleaux. Ces pelotes ou rouleaux auront de multiples extrémités de fils, ce seront les points de source du réseau.
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Choix de l’emplacement des points de source du réseau grâce à une analyse de site.
Exemple d’emplacement pertinent : espace piéton avec un arbre pour accrocher le fil et un mur à franchir.
Précisions techniques sur l’installation des points de source du réseau et le déroulement du fil
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Sensibilisation des acteurs locaux à notre projet, réunions d’information, affichage, tractage. Recherche de bénévoles.
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Poser des règles de sécurité dans l’usage du dispositif
2/ Expérimentation – 2ème semaine
Cette phase centrale commencera par le déploiement des points de source du réseau avec l’aide des bénévoles sensibilisés, probablement des étudiants.
Il s’agira de multiples fils que nous déroulerons. Nous les ferons passer par des espaces publics à l’aide d’éléments urbains comme des poteaux, des arbres, des bancs. Et, avec l’accord des habitants, ils pourront pénétrer des espaces privés comme des balcons, de fenêtres, voire l’intérieur des habitations. Les scénarios seront spontanés et dépendront des réactions locales.
Projection du réseau en fil sur l’ilot qui sert de trame à notre projet. Il passe par les espaces publics et privés.
Le réseau pourra être étendu par des greffes de fils de toutes sortes par les habitants et les passants, fil à linge, cables électriques, lacets…
Nous continuerons notre travail d’information des acteurs locaux, les appelant à se sentir libres d’utiliser l’installation, à se l’approprier. Et nous observerons et enregistrerons comment l’installation va évoluer et nous répondre. Cela sur différents supports formant un journal de bord :
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Photo, vidéo, des acteurs et du réseau prises par nous ou les acteurs eux-mêmes et partagées sur les réseaux sociaux virtuels avec le hashtag #reddehilo
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Notes et dessins d’observation, sous l’angle de l’appropriation du réseau par les acteurs.
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Entretiens ethnographiques (si possible enregistrés) avec des acteurs, questions sur leur réaction face au dispositif.
3/ Restitution – 3ème semaine
Lors de cette phase, nous poursuivrons nos observations et enregistrements, guidés par les questions et hypothèses suivantes sur l’évolution du dispositif :
Est-ce qu’il va devenir un vrai réseau de communication, où les gens vont accrocher des mots pour communiquer ?
Est-ce qu’il va devenir une attraction pour les enfants pour sauter et jouer ?
Est-ce que des acrobates ou des danseurs vont profiter des fils pour s’exprimer avec la langue du corps ? Est-ce que les fils vont prendre la forme de cordes d’un instrument que les gens vont apprécier jouer et écouter ?
Est-ce que quelqu’un va simplement couper le fil pour créer la déconnexion ?
Tout reste possible, il n’y a pas de “mauvais” ou de “correct”, il s’agit toujours de réactions qui ont une présence et un sens dans l’espace. Besoin.
Dans notre démarche de co-construction, ces réactions seront respectées et discutées lors de réunions avec les bénévoles impliqués et des réunions publiques. Nous y proposerons une synthèse de notre journal de bord qui sera discutée et réévaluée par les protagonistes du réseau.
La phase de restitution peut se prolonger, grâce aux acteurs qui continueront à faire vivre le réseau. Nous laissons la porte ouverte pour notre éventuel retour sur le site, pour obtenir des résultats avec une temporalité plus étendue.
Enfin, nous pourrons à terme comparer les expérimentations sur différents sites et donner de la matière à nos recherches architecturales et sociales, utopiques et engagées. C’est pourquoi nous communiquons notre projet et continuerons de le faire pour documenter l’expérience par différents moyens (articles de blog, de revue, livre, documentaire, exposition…).
Conclusion
Nous croyons profondément que ce projet, par un dialogue urbain, une plasticité et une appropriation artistiques de l’espace, enchante le quotidien et développe les relations sociales avec poésie. Au croisement de l’architecture, de la sociologie et de l’art interactif, le réseau de fils proposé et co-développé a une ambition utopique, celle que le fil continue de se dérouler…
Projection du réseau de fil à San Pedro, au bord du Lago de Atitlan au Guatemala